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Retour sur le panel « Comment soutenir la démotorisation des ménages montréalais? »

Le 21 septembre dernier, un panel riche et créatif, animé par l’auteur et chroniqueur Marc-André Carignan, s’est rassemblé pour discuter d’un thème peu connu: la démotorisation. Les intervenants autour de ce panel, Florence Paulhiac-Scherrer, Ph.D., professeure titulaire à l’UQAM au sein du département d’études urbaines et touristiques (et titulaire de la Chaire internationale sur les usages et pratiques de la ville intelligente); Jean-François Parenteau, maire de l’arrondissement de Verdun et membre du comité exécutif de la Ville de Montréal; et Jérôme Laviolette, candidat au doctorat en génie des transports au sein de la Chaire Mobilité à Polytechnique Montréal ont souligné d’emblée l’importance de présenter et soutenir des mesures qui réduisent la place que prend l’automobile dans nos collectivités. 

Qu’entend-on par la démotorisation? Il faut d’abord considérer son opposé, la motorisation, soit le nombre d’automobiles par ménage. La démotorisation implique souvent une dépossession, volontaire ou non, de l’automobile, mais peut aussi concerner une réduction de l’utilisation. On évoque aussi parfois les concepts de sobriété automobile.

Pourquoi se démotoriser? Durant des décennies, la voiture a été normalisée et ancrée dans notre culture, au point de créer un système duquel nous sommes maintenant dépendant. Or, à quel prix? Les répercussions négatives de la motorisation, qui vont au-delà de l’émission des GES sont bien documentées: individualisme et sédentarité accrue, source d’accidents et de maladie alourdissant notre système de santé; congestion et infrastructures imposantes. Ces répercussions sont très coûteuses collectivement en temps et en argent. Elles ont aussi des répercussions importantes sur notre portefeuille : en effet, les coûts en transports représentent le deuxième poste de dépenses des ménages, et 90 % de ces coûts sont attribuables à l’automobile.

Passer à l’acte n’est pas une mince affaire, puisque la mobilité est dictée par l’aménagement du territoire qui favorise encore l’automobile, mais aussi internalisée par nos habitudes et notre routine individuelle. Il est donc primordial de soutenir les mesures structurantes avec de l’accompagnement personnalisé et des campagnes en faveur de la mobilité durable. Les panélistes ont souligné que des efforts doivent être entrepris individuellement, mais aussi collectivement. Par exemple, des politiciens ambitieux pourraient imposer un bonus malus (subventions et / ou tarifications) dans certains secteurs où la place de l’automobile est moins nécessaire. Ce genre de mesure vise à soutenir les ménages qui se démotorisent (ou même ceux qui choisissent consciemment de ne pas se motoriser). C’est également l’occasion d’aménager de nouveaux milieux de vie complets, où la diversité et la proximité des usages rendent l’utilisation de la voiture superflue. 

Les questions du public ont également bien traduit l’intérêt et l’importance d’amener la question de la démotorisation sur l’espace public: publicité automobile, éducation auprès des populations vulnérables, effets du télétravail et moyens de calculer la démotorisation furent des sujets qui ont élevé la discussion. Chose certaine, la démotorisation a tout intérêt à demeurer dans le débat public.

Regardez le panel en version intégrale

Lisez la lettre ouverte co-écrite par le CRE-Montréal et Jalon sur le sujet, en lien avec le panel.

Équipe Jalon